{"id":1456,"date":"2016-02-05T08:46:36","date_gmt":"2016-02-05T07:46:36","guid":{"rendered":"http:\/\/www.haute-normandie-decroissance.fr\/?p=1456"},"modified":"2020-01-17T20:56:11","modified_gmt":"2020-01-17T19:56:11","slug":"ni-protectionnisme-ni-neoliberalisme-mais-une-relocalisation-ouverte-base-dune-nouvelle-internationale-bastamag","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.haute-normandie-decroissance.fr\/?p=1456","title":{"rendered":"Ni protectionnisme, ni n\u00e9olib\u00e9ralisme mais une \u00ab relocalisation ouverte \u00bb, base d\u2019une nouvelle internationale &#8211; Bastamag"},"content":{"rendered":"<div class=\"crayon article-chapo-5222 chapo surlignable\">\n<p><em><a href=\"http:\/\/www.haute-normandie-decroissance.fr\/wp-content\/uploads\/deux-escargots.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-1543 alignleft\" src=\"http:\/\/www.haute-normandie-decroissance.fr\/wp-content\/uploads\/deux-escargots.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"97\" \/><\/a><a href=\"http:\/\/www.bastamag.net\/Ni-protectionnisme-ni-neoliberalisme-mais-une-relocalisation-ouverte-base-d-une\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">Article publi\u00e9 le 4 novembre 2015 sur Bastamag<\/a>.<\/em><\/p>\n<p><em>Revenir au protectionnisme ? Tenter d\u2019encadrer les march\u00e9s ? Lutter contre le ch\u00f4mage en favorisant la croissance \u00e0 tout prix ? La gauche semble en panne de projet \u00e9conomique et social coh\u00e9rent, \u00e9mancipateur, et \u00e9cologiquement soutenable. Face \u00e0 cette absence d\u2019imaginaire, le th\u00e8me de la relocalisation de l\u2019\u00e9conomie commence \u00e0 s\u00e9duire. Mais une relocalisation ouverte et altruiste, \u00e0 l\u2019oppos\u00e9 de l\u2019anxiog\u00e8ne et dangereux repli sur soi, et en capacit\u00e9 de \u00ab retrouver de justes \u00e9quilibres entre l\u2019efficacit\u00e9, la puissance et le bien-\u00eatre, l\u2019autonomie et la convivialit\u00e9 \u00bb. Voici une tribune pour lancer le d\u00e9bat.<\/em><\/p>\n<p>A chaque crise, le protectionnisme rena\u00eet de ses cendres, tel un sauveur. Bien avant, dans le dernier quart du XIX\u00e8me si\u00e8cle, les Etats-Nations s\u2019en \u00e9taient d\u00e9j\u00e0 servi pour se prot\u00e9ger. Ils ne tard\u00e8rent pas \u00e0 s\u2019affronter &#8230; sur le terrain militaire.<\/p>\n<p>Aujourd\u2019hui, nos soci\u00e9t\u00e9s traversent une p\u00e9riode de doutes et de peurs, et surtout de perte de rep\u00e8res et de sens. Les choses s\u2019acc\u00e9l\u00e8rent. Nous faisons face \u00e0 l\u2019effondrement de notre mod\u00e8le civilisationnel construit autour du toujours plus. La m\u00e9gamachine \u00e9conomique s\u2019emballe, avec elle la crise \u00e9cologique, les in\u00e9galit\u00e9s, les souffrances, les violences&#8230; Cette soci\u00e9t\u00e9 du spectacle et de la communication ne nous laisse <a class=\"spip_out\" href=\"http:\/\/www.bastamag.net\/plus%20le%20temps%20de%20comprendre%20et%20dialoguer%20afin%20d'apporter%20des%20solutions%20politiques\">plus le temps<\/a> de comprendre et dialoguer afin d\u2019apporter des solutions politiques coh\u00e9rentes et efficaces face aux enjeux de ce d\u00e9but de XXI\u00e8me si\u00e8cles. On nous dit que la \u00ab politique ne peut pas tout \u00bb. On a perdu prise sur nos institutions devenues des outils h\u00e9t\u00e9ronomes au service d\u2019une oligarchie financi\u00e8re toujours plus forte.<!--more--><\/p>\n<h3 class=\"spip\">\u00ab Tout le monde subit les d\u00e9sastres sociaux et \u00e9cologiques de ce syst\u00e8me \u00bb<\/h3>\n<p>C\u2019est ainsi que ces derni\u00e8res ann\u00e9es, nous assistons au retour de discours souverainistes et nationalistes, aussi bien \u00e0 droite qu\u2019\u00e0 gauche. Comme si le repli sur l\u2019Etat-Nation, voire la r\u00e9gion, permettrait de r\u00e9soudre ces d\u00e9fis d\u2019ordre soci\u00e9tal, politique et g\u00e9opolitique. Un mot passe partout \u00e9merge, l\u00e0 aussi \u00e0 droite comme \u00e0 gauche, le protectionnisme.<\/p>\n<p>A travers ce texte, nous souhaitons ouvrir un dialogue autour des risques que semblent repr\u00e9senter ces replis v\u00e9hicul\u00e9s par ce terme. Sans pour autant rejeter certains outils techniques qu\u2019il y a derri\u00e8re, ce terme nous semble probl\u00e9matique. Nous pr\u00e9f\u00e9rons proposer une autre approche autour de la notion de relocalisation ouverte. Cette notion s\u2019inscrit dans la pens\u00e9e de la D\u00e9croissance qui s\u2019attache \u00e0 construire des transitions qui soient d\u00e9mocratiques et sereines vers de nouveaux mod\u00e8les de soci\u00e9t\u00e9s soutenables, souhaitables, mais aussi solidaires et autonomes.<\/p>\n<p>Nos soci\u00e9t\u00e9s, qui plus est avec l\u2019intensification des plans d\u2019aust\u00e9rit\u00e9, sont domin\u00e9es par des peurs \u00e9conomiques : peurs du d\u00e9classement, de perdre son emploi, du non remboursement d\u2019un pr\u00eat, pour l\u2019avenir de ses enfants, etc. Ces peurs restent des constructions de la soci\u00e9t\u00e9 de croissance qui les assume et, n\u2019a jamais voulu (donc r\u00e9ussi \u00e0) les d\u00e9passer. Celles-ci s\u2019inscrivent dans une logique d\u2019ali\u00e9nation de la soci\u00e9t\u00e9 de croissance, puisque face aux dangers nous continuons \u00e0 servir la m\u00e9gamachine pour nous sauver, plut\u00f4t que de lutter contre elle. Ces peurs constituent nos cha\u00eenes.<\/p>\n<h3 class=\"spip\">\u00ab S\u2019opposer les uns aux autres n\u2019a finalement abouti qu\u2019\u00e0 la situation pr\u00e9sente \u00bb<\/h3>\n<p>La r\u00e9ponse \u00e0 ces peurs, pourtant, ne doit pas s\u2019inscrire dans la r\u00e9action palliative de protection r\u00e9flexe. De qui, de quoi ? Tout le monde subit les d\u00e9sastres sociaux, humains et \u00e9cologiques de ce syst\u00e8me productiviste oligarchique aberrant. Ce n\u2019est pas en s\u2019inscrivant dans une r\u00e9action de repli au probl\u00e8me que nous pouvons nous en sortir. S\u2019opposer les uns aux autres n\u2019a finalement abouti qu\u2019\u00e0 la situation pr\u00e9sente. Or l\u2019\u00e9ternel retour du protectionnisme s\u2019inscrit trop souvent dans la logique de sauver nos \u00e9conomies moribondes, sans se pr\u00e9occuper de la mani\u00e8re dont les autres, de l\u2019autre cot\u00e9 de la fronti\u00e8re, vont g\u00e9rer ces mesures. De plus, le protectionnisme est d\u00e9j\u00e0 bien en place et participe \u00e0 renforcer les dominations en cours (exemple de la destruction des petites productions agricoles africaines incapables de r\u00e9sister \u00e0 la concurrence d\u00e9loyale de l\u2019agriculture occidentale subventionn\u00e9e).<\/p>\n<p>Au-del\u00e0 de sa d\u00e9finition, le terme m\u00eame de protectionnisme pose probl\u00e8me. En effet, le terme est une d\u00e9fense \u00e0 un dysfonctionnement du syst\u00e8me \u00e9conomique. Or, l\u2019enjeu n\u2019est pas tant de grignoter des miettes ici ou l\u00e0 pour sauver de l\u2019emploi. L\u2019enjeu est encore moins de r\u00e9industrialiser nos soci\u00e9t\u00e9s dites d\u00e9velopp\u00e9es, ou de prot\u00e9ger nos exportations quel qu\u2019en soit le contenu. Il ne s\u2019agit donc pas, \u00e0 l\u2019image de ce que propose le d\u00e9veloppement durable pour les enjeux \u00e9cologiques \u00ab polluer moins pour polluer plus longtemps \u00bb de \u00ab se prot\u00e9ger plus pour produire plus longtemps dans des conditions indignes, des saloperies inutiles \u00bb ! Certes, le protectionnisme peut \u00eatre pens\u00e9 et construit comme un outil de justice social\u2026 Mais finalement il devient un outil pour retrouver de la croissance, au mieux en s\u2019isolant des autres, au pire au d\u00e9triment des autres. Il s\u2019inscrit souvent dans une logique d\u2019opposition ou d\u2019indiff\u00e9rence \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur.<\/p>\n<h3 class=\"spip\">\u00ab Sortir la religion de l\u2019\u00e9conomie, nous lib\u00e9rer de ces addictions \u00bb<\/h3>\n<p>En fait, ce type de raisonnement part de l\u2019illusion que la soci\u00e9t\u00e9 de croissance serait encore possible par de simples mesures \u00e9conomiques. Le protectionnisme serait m\u00eame un outil pour relancer cette sacro-sainte croissance (ou \u00e9viter une r\u00e9cession trop violente) dans notre pays. Il suffirait d\u2019\u00e9riger des murs et des barri\u00e8res, d\u2019ajouter de l\u2019\u00e9conomie palliative sur le d\u00e9j\u00e0 trop d\u2019\u00e9conomie.<\/p>\n<p>Or, l\u2019enjeu n\u2019est pas de trouver des palliatifs pour adoucir la tyrannie de l\u2019\u00e9conomie, ni de r\u00e9guler l\u2019\u00e9conomie. Il s\u2019agit bien de sortir la religion de l\u2019\u00e9conomie, de nous lib\u00e9rer de ces addictions, de faire des \u00ab pas de c\u00f4t\u00e9 \u00bb et de questionner le sens de nos productions bien plus que d\u2019en prot\u00e9ger leur localisation.<\/p>\n<p>Ainsi, le protectionnisme, tel qu\u2019il est pr\u00e9sent\u00e9 au grand public, n\u2019appara\u00eet pas forc\u00e9ment comme une alternative \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 de croissance ou \u00e0 une v\u00e9ritable solution d\u2019avenir \u2026 Car selon nous, l\u2019enjeu est bien de sortir de la logique croissanciste et non de tenter une \u00e9ni\u00e8me r\u00e9gulation qui s\u2019inscrirait dans la r\u00e9action ou dans l\u2019affrontement.<\/p>\n<p>L\u2019enjeu est d\u2019initier des transitions vers de nouveaux mod\u00e8les de soci\u00e9t\u00e9s qui soient \u00e9cologiquement soutenables, socialement juste, conviviaux et autonomes. Or, si nous devons imaginer d\u2019autres possibles, nous devons sortir des sch\u00e9mas de pens\u00e9e dominants (l\u2019\u00e9conomicisme pour le cas pr\u00e9sent) et s\u2019\u00e9manciper de ses mots et concepts toxiques&#8230;<\/p>\n<h3 class=\"spip\">\u00ab Construire des murs ne peut pas \u00eatre une solution \u00bb<\/h3>\n<p>Il ne s\u2019agit plus de choisir entre un lib\u00e9ralisme \u00e9conomique effr\u00e9n\u00e9 et d\u00e9vastateur, ou un protectionnisme r\u00e9gulateur et messianique. Il s\u2019agit de sortir de la logique de l\u2019\u00e9conomie toute puissante. En finir avec une \u00e9conomie d\u00e9cisionnaire de nos vies est la condition pour b\u00e2tir ensemble des soci\u00e9t\u00e9s sereines, soutenables et souhaitables.<\/p>\n<p>L\u2019enjeu est de revenir \u00e0 de vraies questions. Celles du sens de nos vies, de nos productions, de nos consommations, de nos \u00e9changes, de nos vivre ensemble. Et ce, \u00e0 toutes les \u00e9chelles, en tenant compte des implications ext\u00e9rieures. Construire des murs ne peut pas \u00eatre une solution. Puis, les murs finissent toujours par tomber. Nous devons les faire tomber.<\/p>\n<p>Est-ce \u00e0 dire que toutes les id\u00e9es derri\u00e8re le terme de protectionnisme sont inutiles ? Non, si nous en utilisons certaines comme des outils de transition au service d\u2019une relocalisation d\u00e9sormais n\u00e9cessaire de l\u2019\u00e9conomie, mais dans une logique d\u2019ouverture et d\u2019altruisme, de dialogue et de mani\u00e8re concert\u00e9e.<\/p>\n<h3 class=\"spip\">La relocalisation ouverte : un mode de vie plus sobre, plus convivial et plus autonome<\/h3>\n<p>Ainsi nous pr\u00e9f\u00e9rons la notion de la relocalisation ouverte. Celle-ci ne s\u2019inscrit ni dans le champ de l\u2019\u00e9conomicisme ni dans son champ lexical. Rien que son appellation nous permet de faire ce pas de c\u00f4t\u00e9. En pr\u00e9f\u00e9rant le terme de relocalisation ouverte, nous privil\u00e9gions l\u2019humain \u00e0 l\u2019\u00e9conomie et allions soutenable et souhaitable. Avec la relocalisation ouverte, nous ne faisons pas que changer le mot, nous changeons de mode de pens\u00e9e.<\/p>\n<p>La relocalisation ouverte, c\u2019est d\u2019abord int\u00e9grer les limites \u00e9nerg\u00e9tiques, environnementales mais aussi culturelles de la soci\u00e9t\u00e9 croissanciste. Ces limites aboutissent \u00e0 imaginer d\u2019autres formes d\u2019organisations soci\u00e9tales o\u00f9 les \u00e9conomies mais aussi les solidarit\u00e9s, les productions et, finalement les relations humaines seraient relocalis\u00e9es et solidaires. C\u2019est permettre un autre rapport \u00e0 son environnement, au temps, \u00e0 la production, donc <a class=\"spip_out\" href=\"http:\/\/www.projet-decroissance.net\/?p=1863\" rel=\"external\">au travail ou plut\u00f4t \u00e0 nos activit\u00e9s<\/a>. C\u2019est recr\u00e9er un vivre ensemble o\u00f9 chacun de nos actes auraient des cons\u00e9quences visibles et pourraient r\u00e9ellement \u00eatre discut\u00e9es puisque nous aurions de nouveau la possibilit\u00e9 d\u2019agir, de questionner nos productions, nos usages, nos vies. La relocalisation ouverte signifie clairement la remise en cause du primat de l\u2019\u00e9conomie, du travail comme valeurs centrales de nos soci\u00e9t\u00e9s mais aussi <a class=\"spip_out\" href=\"http:\/\/www.projet-decroissance.net\/?page_id=399\" rel=\"external\">la repolitisation de la soci\u00e9t\u00e9<\/a> afin que nos soci\u00e9t\u00e9s deviennent autonomes et responsables.<\/p>\n<p><i>\u00ab La folle valse des crevettes, p\u00each\u00e9es au Danemark et d\u00e9cortiqu\u00e9es au Maroc pour des raisons de co\u00fbt de main d\u2019\u0153uvre, ou le yaourt \u00e0 la fraise dont les ingr\u00e9dients parcouraient en 1992 plus de 9 000 kilom\u00e8tres, ont contribu\u00e9 \u00e0 construire chez moi un certain scepticisme sur la marche du monde \u00bb<\/i>, rappelle l\u2019ing\u00e9nieur Philippe Bihouix (<a class=\"spip_out\" href=\"http:\/\/www.bastamag.net\/Low-tech-comment-vivre-sans-polluer-Entrons-dans-l-ere-des-low-tech-ou-les\">lire aussi son interview ici<\/a>).<\/p>\n<h3 class=\"spip\">\u00ab Trouver de justes \u00e9quilibres entre l\u2019efficacit\u00e9, la puissance et le bien-\u00eatre \u00bb<\/h3>\n<p>La relocalisation ouverte, c\u2019est relocaliser les activit\u00e9s, privil\u00e9gier les productions locales, limiter les transports et favoriser les circuits-courts. C\u2019est aussi, localement et d\u00e9mocratiquement, questionner le sens de nos productions et consommations et en mesurer l\u2019impact \u00e9cologique et humain. C\u2019est sortir de <a class=\"spip_out\" href=\"http:\/\/www.bastamag.net\/La-liberte-de-consommer-est-une\">l\u2019illusion de notre libert\u00e9 de consommer<\/a> !<\/p>\n<p>C\u2019est une r\u00e9ponse \u00e0 la crise \u00e9cologique mais aussi sociale en sortant des logiques absurdes. La relocalisation ouverte pour sortir de la rentabilit\u00e9 \u00e0 tout crin. La logique des avantages compar\u00e9s, vision uniquement mat\u00e9rialiste et \u00e9conomique, nous a amen\u00e9 dans une organisation absurde et inhumaine de nos soci\u00e9t\u00e9s. Si se poser la question de l\u2019efficacit\u00e9 \u00e9nerg\u00e9tique et productive de biens essentiels est pertinent, les choix doivent se faire aussi avec une prise en compte de notre bien-\u00eatre g\u00e9n\u00e9ral. Ainsi, construire de grands p\u00f4les industriels pour optimiser la production de v\u00e9los, par exemple, doit \u00eatre contrebalanc\u00e9 par une r\u00e9flexion sur notre rapport \u00e0 l\u2019objet, et encore plus \u00e0 nos activit\u00e9s. Les \u00e9conomies d\u2019\u00e9chelle ont permis de nous \u00e9manciper de t\u00e2ches manuelles dures, voire abrutissantes. La D\u00e9croissance c\u2019est la pens\u00e9e de l\u2019\u00e9quilibre, de la mesure, ainsi nous devons questionner o\u00f9 se situe les seuils de contre-productivit\u00e9 de cette d\u00e9marche et retrouver de justes \u00e9quilibres entre l\u2019efficacit\u00e9, la puissance et le bien-\u00eatre, l\u2019autonomie et la convivialit\u00e9.<\/p>\n<p>Aucun indicateur, aussi performant soit-il, et encore moins le PIB, ne peut remplacer une d\u00e9cision d\u00e9mocratique autour de choix de soci\u00e9t\u00e9 sur qu\u2019est-ce qu\u2019on produit, comment et pour quel usage. Ces indicateurs peuvent par contre nous aider \u00e0 d\u00e9cider en toute conscience.<\/p>\n<h3 class=\"spip\">\u00ab Pourquoi payer l\u2019eau le m\u00eame prix pour remplir sa piscine que pour faire la cuisine ? \u00bb<\/h3>\n<p>La relocalisation ouverte a pour objectif de cr\u00e9er un mieux \u00ab vivre ensemble \u00bb en r\u00e9habilitant le politique. La d\u00e9mocratie directe ne peut se faire que localement avec des interactions continues, avec des imaginaires et des perceptions, des r\u00e9alit\u00e9s et des contraintes partag\u00e9s. A travers cette d\u00e9marche, que l\u2019on retrouve aussi dans la notion de \u00ab <a class=\"spip_out\" href=\"http:\/\/www.projet-decroissance.net\/?p=1153\" rel=\"external\">dotation inconditionnelle d\u2019autonomie<\/a> \u00bb, il s\u2019agit d\u2019initier des dynamiques de d\u00e9lib\u00e9ration citoyenne sur la gestion des communs, sur le partage des biens et aussi sur la r\u00e9partition des t\u00e2ches difficiles. Comment d\u00e9finir d\u00e9mocratiquement ce qu\u2019est le bon usage et le m\u00e9susage d\u2019une m\u00eame ressource ? Dans le but, par exemple, d\u2019y permettre l\u2019acc\u00e8s gratuitement dans le cas du bon usage, et de le rench\u00e9rir dans le cas du m\u00e9susage. Pourquoi payer l\u2019eau le m\u00eame prix pour remplir sa piscine que pour faire la cuisine ?<\/p>\n<p>La relocalisation ouverte, c\u2019est aussi vivre l\u00e0 o\u00f9 nous sommes avec les personnes et l\u2019environnement qui nous entourent. C\u2019est sortir de cette illusion de la soci\u00e9t\u00e9 du mouvement perp\u00e9tuel et aussi des \u00e9crans. C\u2019est r\u00e9apprendre \u00e0 vivre l\u2019instant pr\u00e9sent et rompre avec ces frustrations engendr\u00e9es par le toujours plus impos\u00e9es par la publicit\u00e9 et les m\u00e9dias. C\u2019est tout simplement r\u00e9-humaniser nos vies !<\/p>\n<p>La relocalisation ouverte c\u2019est questionner le sens et l\u2019autonomie de nos outils, donc de nos institutions quelles soient \u00e9conomiques, sociales ou d\u00e9mocratiques. Nous souhaitons insister sur la notion d\u2019ouverture pour bien souligner la dimension solidaire et de dialogue de la relocalisation ouverte.<\/p>\n<p>De cette mani\u00e8re, nous ne rejetons pas le r\u00f4le historique et culturel jou\u00e9 par les fronti\u00e8res, donc les r\u00e9gions, les \u00e9tats-nation ou encore l\u2019Union Europ\u00e9enne dans la construction de nos identit\u00e9s et imaginaires. Nous reposons juste la question de subsidiarit\u00e9 au regard de l\u2019importance du dialogue entre territoires \u00e9cologiques relocalis\u00e9s. Difficile de r\u00e9pondre \u00e0 <a class=\"spip_out\" href=\"http:\/\/www.partipourladecroissance.net\/?p=9140\" rel=\"external\">la d\u00e9tresse des r\u00e9fugi\u00e9s climatiques<\/a>, aux guerres cons\u00e9quentes de nos modes de vies non soutenables, ou \u00e0 la gestion de d\u00e9chets nucl\u00e9aires, sans conserver des institutions d\u00e9mocratiques fortes et l\u00e9gitimes.<\/p>\n<h3 class=\"spip\">\u00ab Repenser le niveau de solidarit\u00e9, de contre-pouvoir et de d\u00e9cision \u00bb<\/h3>\n<p>Donc, la relocalisation ouverte c\u2019est aussi repenser le niveau de solidarit\u00e9, de contre-pouvoir et de d\u00e9cision, d\u2019entraide et dialogue. C\u2019est donc d\u00e9construire des institutions n\u00e9fastes ou inutiles (FMI, OMC ou OTAN par exemple), en construire de nouvelles et aussi r\u00e9former certaines d\u00e9j\u00e0 existantes (ONU). On pourrait par exemple penser les limites par des distances au lieu des fronti\u00e8res, et ainsi donner naissance \u00e0 des territoires superpos\u00e9s et reli\u00e9s, au lieu de territoires juxtapos\u00e9s et \u00e9trangers. C\u2019est ce que l\u2019on voit appara\u00eetre avec les projets dits transfrontaliers qui s\u2019inscrivent dans des territoires \u00e9cologique et de vie.<\/p>\n<p>Enfin, la relocalisation ouverte c\u2019est remettre la culture et le dialogue au c\u0153ur de l\u2019\u00e9mancipation de nos soci\u00e9t\u00e9s. Il n\u2019y a pas plus enfermant que le repli sur soi et ses traditions. L\u2019ouverture \u00e0 l\u2019autre \u00e0 travers le voyage, l\u2019hospitalit\u00e9 et la rencontre s\u2019accompagne de bien-\u00eatre et participe \u00e0 faire vivre la d\u00e9mocratie et la convivialit\u00e9. La relocalisation ouverte c\u2019est sortir d\u2019une vision r\u00e9ductionniste de nos identit\u00e9s qui se limiterait \u00e0 une nationalit\u00e9 ou une religion mais au contraire c\u00e9l\u00e9brer la diversit\u00e9 et donc la richesse de celles-ci. L\u2019apprentissage d\u2019une langue, la d\u00e9couverte d\u2019une autre culture ne se fait jamais au d\u00e9triment de ce que l\u2019on est. Au contraire !<\/p>\n<h3 class=\"spip\">Vers un nouvel internationalisme avec la relocalisation ouverte<\/h3>\n<p>L\u2019urgence est \u00e0 la r\u00e9appropriation de l\u2019action et du choix politique pour d\u00e9battre et construire des soci\u00e9t\u00e9s socialement \u00e9quitables et \u00e9cologiquement soutenables avec la relocalisation ouverte comme chemin et la D\u00e9croissance comme fondement.<\/p>\n<p><i>\u00ab Tout s\u2019oppose dans ce syst\u00e8me \u00e0 l\u2019autonomie des individus \u00bb<\/i>, \u00e9crivait dans son dernier texte, le regrett\u00e9 Andr\u00e9 Gorz. La refondation du local sera donc le moyen de r\u00e9habiliter l\u2019Humain au d\u00e9pens du consommateur et de l\u2019homo-economicus et de nous aider \u00e0 nous r\u00e9approprier le sens des limites.<\/p>\n<p>Partout \u00e0 travers le monde, nous observons des dynamiques, certes minoritaires mais extr\u00eamement fortes autour d\u2019une r\u00e9appropriation de nos vies. La transition est en marche \u00e0 travers une transformation silencieuse de la soci\u00e9t\u00e9. On l\u2019observe <a class=\"spip_out\" href=\"http:\/\/www.partipourladecroissance.net\/?p=9140\" rel=\"external\">\u00e0 l\u2019\u00e9chelle individuelle<\/a> avec la simplicit\u00e9 volontaire, la d\u00e9colonisation de nos imaginaires qui permet d\u2019avoir un autre rapport au travail, \u00e0 la consommation, au temps et \u00e0 l\u2019autre. On peut le mesurer encore plus \u00e0 l\u2019\u00e9chelle collective avec l\u2019\u00e9mergence d\u2019<a class=\"spip_out\" href=\"http:\/\/www.bastamag.net\/La-carte-de-France-des\">alternatives concr\u00e8tes locales<\/a> o\u00f9 l\u2019on se r\u00e9approprie ses productions, ses \u00e9changes et aussi la d\u00e9mocratie. Chaque alternative permettant de d\u00e9velopper d\u2019autres outils de relocalisation : des outils techniques avec les low tech ou l\u2019agroforesterie, d\u00e9mocratiques avec la sociocratie, \u00e9conomiques avec les monnaies locales, etc.<\/p>\n<p>Des dialogues s\u2019installent entre toutes ces initiatives, ces collectifs, ces personnes, ces mouvements&#8230;. C\u2019est par un maillage de toutes ces relocalisations, que les alternatives se nourrissent mutuellement, se d\u00e9veloppent, voire m\u00eame s\u2019institutionnalisent. Mais pour r\u00e9ussir, le champ de la politique ne doit pas \u00eatre d\u00e9laiss\u00e9, non pas pour prendre le pouvoir, mais faire pression sur celui-ci contre l\u2019oligarchie, les lobbies. L\u2019enjeu est de se r\u00e9approprier des lois qui permettent d\u2019exp\u00e9rimenter, de se r\u00e9approprier des communs et d\u2019autres redistributions fiscales et ainsi continuer \u00e0 avancer du local vers le global et du global vers le local. Une nouvelle internationale est en construction, d\u00e9centralis\u00e9e, autonome, relocalis\u00e9e et ouverte.<\/p>\n<p><strong>Vincent Liegey, St\u00e9phane Madelaine, Christophe Ondet et Anisabel Veillot<\/strong>, co-auteurs de <i>Un Projet de D\u00e9croissance, Manifeste pour une Dotation Inconditionnelle d\u2019Autonomie<\/i>, \u00c9ditions Utopia, 2013.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"puce\" src=\"http:\/\/www.bastamag.net\/local\/cache-vignettes\/L8xH11\/puce-32883.gif\" alt=\"-\" width=\"8\" height=\"11\" \/> Lire notre entretien : <a class=\"spip_out\" href=\"http:\/\/www.bastamag.net\/La-liberte-de-consommer-est-une\">\u00ab La libert\u00e9 de consommer est une illusion bien cher pay\u00e9e \u00bb<\/a><\/p>\n<\/div>\n<div class=\"crayon article-texte-5222 texte surlignable\"><\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Article publi\u00e9 le 4 novembre 2015 sur Bastamag. Revenir au protectionnisme ? Tenter d\u2019encadrer les march\u00e9s ? Lutter contre le ch\u00f4mage en favorisant la croissance \u00e0 tout prix ? La gauche semble en panne de projet \u00e9conomique et social coh\u00e9rent, &hellip; <a href=\"https:\/\/www.haute-normandie-decroissance.fr\/?p=1456\">Continuer la lecture <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":3,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":true,"template":"","format":"standard","meta":{"_monsterinsights_skip_tracking":false,"_monsterinsights_sitenote_active":false,"_monsterinsights_sitenote_note":"","_monsterinsights_sitenote_category":0,"footnotes":""},"categories":[14],"tags":[],"class_list":["post-1456","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-crises"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.haute-normandie-decroissance.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1456","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.haute-normandie-decroissance.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.haute-normandie-decroissance.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.haute-normandie-decroissance.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/3"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.haute-normandie-decroissance.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=1456"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/www.haute-normandie-decroissance.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1456\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":1566,"href":"https:\/\/www.haute-normandie-decroissance.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1456\/revisions\/1566"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.haute-normandie-decroissance.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=1456"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.haute-normandie-decroissance.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=1456"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.haute-normandie-decroissance.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=1456"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}